Soutien de la CGT envers les PNC de British Airways en grève
Le 30 mars dernier la CGT a rejoint les PNC de British Airways en grève pour leur témoigner le soutien de la Fédération et du syndicat Air France. Depuis le processus de négociation a repris son cours et le syndicat UNITE attend la nouvelle proposition de la Direction de BA qu’elle soumettra au personnel.
Nos camarades anglais nous ont fait part du peu d’espoir qu’ils avaient quant au résultat de cette nouvelle négociation. Le très médiatique Willie Walsh (ex pilote et ex PDG d’Air LINGUS), actuel PDG de BA ne semble pas enclin à négocier et a instauré un bras de fer avec les syndicats afin semble t-il de renouer avec une répression syndicale digne de la « grande » époque Thatchérienne. (Retrait des GP immédiat pour les grévistes, méthodes diverses d’intimidation…)
Ne nous méprenons surtout pas sur l’enjeu de cette bagarre qui est aujourd’hui plus européen que national. En effet, les revendications de nos collègues navigants sont en tous points similaires avec nos revendications. La diminution du nombre de PNC à bord, l’augmentation de la charge de travail, les nouvelles prestations réduites caractérisent la demande de productivité toujours croissante et la dérive organisée vers un modèle low-cost. Les dirigeants des plus grandes compagnies aériennes observent avec attention la résistance de nos camarades anglais et le résultat sera déterminant pour l’avenir des autres salariés européens. Notre secteur, pourtant ne devrait pas tolérer le modèle low-cost. La sécurité et la sûreté dans l’aérien doit être préventive et prioritaire et doit préserver l’humain pour optimiser la fiabilité. Le modèle low-cost, déjà en place au sol à travers l’assistance en escale, ne permet pas de garantir cette chaine de sécurité incontournable propre au secteur aérien. Au contraire ce modèle a multiplié le nombre d’intervenants autour des avions, augmenter la précarité du secteur et diminué les effectifs, les salaires avec des conditions de travail indignes.
Les compagnies comme RYANAIR, EASY JET ou encore TRANSAVIA et CITY JET au prétexte d’offrir de meilleurs tarifs aux usagers seraient les meilleurs exemples de l’aviation civile de demain ? C’est un raccourci de communication qui leur permet de s’imposer au nom de la libre concurrence. Pour nous professionnels de l’aérien, le doute n’est pas permis, ces modèles sont dangereux aussi parce qu’ils sont profondément antisociaux et qu’il ne repose pas sur une réelle politique de facteurs humains.
Si le résultat des négociations n’est pas à la hauteur, les salariés anglais voteront à nouveau pour décider d’une nouvelle grève qui durerait plus longtemps. Ils semblent plus que jamais déterminés et ils résistent à la répression syndicale grâce à l’unité et à la solidarité. Nous organiserons alors une délégation plus importante pour apporter à Londres le soutien de la CGT.